La petite équipe de BIFURCation a tenu un stand à la convergence pour une transition énergétique, rassemblement qui s'est tenu dans le Gard au bord du Gardon à Lézan. Notre objectif était d'y affirmer que la transition énergétique, tellement essentielle, est illusoire si l'on ne se penche pas sur la question de base qui est pour nous le changement de civilisation. Sans cela, nous resterons toujours des Sysiphes condamnés à l'échec et gémissant contre un monde qui fonctionne à l'envers de ce à quoi nous aspirons. Nous avons pour cela rédigé un manifeste que nous avons largement diffusé grâce à notre stand qui abritait à la fois BIFURCation et la langue universelle Espéranto (tant qu'à faire, c'était l'occasion de faire d'une pierre deux coups et d'ancrer nos espérances dans une action concrète : la diffusion d'une langue universelle, là encore, ce devrait être la base pour un rassemblement qui se voulait international). Un compte rendu sera bietôt publié sur ce blog, en attendant, voilà notre manifeste :
Avis au lecteur - Ce texte a été présenté lors de la "Convergence citoyenne pour une transition énergétique" et le "Rassemblement des Collectifs contre l'exploitation des gaz de schiste". Il a été écrit dans l'urgence du rassemblement. Les auteurs ont conscience des ajouts trop abstraits et surtout de l'absence de certaines considérations (comme celle du dynamisme de l'imaginaire) pour aider à l'indispensable révolution des esprits. Nous te demandons, à toi qui a compris que, dans ce Manifeste il y a une exigence fondamentale, d'aider par tes réflexions, savoirs, expériences, à compléter le travail entrepris( en commençant par laisser un commentaire sous cette note par exemple ;-)
Les Dits de Lézan
Il suffit de passer le pont...
Manifeste pour une nouvelle civilisation
"Ou bien la décision de l'homme - pour le meilleur ou pour le pire - peut peser et infléchir l'histoire et par là priver le devenir de son aveugle pouvoir de progrès - ou bien l'histoire est un processus naturel, mais alors elle échappe à la lutte, au courage et à la décision des hommes " (Gilbert Durand) - pareillement, Cornélius Castoriadis.
Lecteur, et sans ironie aucune, s'il te suffit de t' ''indigner'', vois Hessel, si tu crois qu'il y a une solution dans ''La voie'' dite par Edgar Morin, lis-le , si tu veux suivre un sage, un écologiste honnête, essaie Pierre Rabhi. Mais si tu es exigeant, si tu veux vraiment le changement, et quitter pour toujours le costume de Sysiphe, poursuis ta lecture.
Ce que l'on montre ici est tellement en dehors des clous, tellement refoulé dans les consciences, tellement sacrilège qu'il pourrait prendre le caractère d'une Révélation. Pourtant ici, pas d'idées nouvelles pour concurrencer les acteurs sociaux-écologistes, pas d'utopie pour faire rêver, pas d' extra-terrestres ni d'inspiration divine, seulement la surrection (action de surgir, de soulever) d'un savoir ostracisé par ceux-là - et il n'y a pas d'exception - qui font l'opinion.
Nous voulons un changement radical de civilisation.
Nous ne nous lancerions pas dans cette expédition si nous n'avions pas de bonnes raisons et des matériaux à faire valoir, des données théoriques pour naviguer. Pas de cachotteries, nous puisons notre argumentaire dans le livre "Science de l'Homme et Tradition" sous-titré ''Le nouvel esprit anthropologique'' - du Professeur Gilbert Durand. ( voir sur Wikipedia.)
Une civilisation ne se résume pas aux rapports des hommes entre eux, elle est surtout tributaire du ou des mythes auxquels elle croit. La nôtre croit dans le Progrès. Elle veut croire le progrès d'humanisation porté par le progrès matériel, la machine, le bonheur avec la consommation. Au choix : naïveté, bêtise, cynisme. En constatant l'état de la planète et les rapports des humains entre eux, on ne voit que trop où ce mythe du Progrès nous a menés.
Le plus grand mythe est de croire que nous ne sommes pas dans un mythe
Le mythe est production imaginaire de l'homme, le mythe hermèsien comme tout autre. Nous importent de ce batard mi-dieu mi-homme entre autres attributs, ceux de la liberté, du choix, des bornes. Hermès n'est -il pas le dieu des carrefours, des rencontres, des échanges? Celui des bornes, des limites auxquelles l'homo-sapiens doit se soumettre sous peine des actuelles déraison et barbarie. Des intellectuels que l'on voit rarement dans les lucarnes, Isabelle Stengers, Jean-Pierre Dupuy, nous alarment sur le destin funeste dans lequel le mythe du progrès nous a engagés (détérioration du climat, nucléarisation des éléments, démographie non-réfléchie, manipulations gèniques irresponsables, recherche insensée d'énergies - gaz de schistes, fusion nucléaire avec Iter, agro-énergie, et en prime, les guerres et les fascismes).
Venons en au fait : la Nouvelle Civilisation . Pas de boniments à l'emporte-pièces comme les promesses de bonheur, de paix, de justice, équité, écologie, laïcité, etc reposant sur des bonnes intentions antinomiques à notre civilisation de "l'homme maître et possesseur de la nature". Une civilisation, surtout si elle se veut différente, n'est pas "du prêt à porter". Elle doit être dite, pensée, comprise, intériorisée. L' intellect n'y suffit pas, encore le sentiment, l'intuition doivent être mobilisés.
L'intention des auteurs du Manifeste doit être comprise afin que le mot ''tradition'' auquel ils se réfèrent soit reçu dans son acception spécifique hermésienne et non celles qu'ailleurs d'autres en font (ici ni conservatisme ni totalitarisme). Nous ne pensons pas trahir en cela la pensée de Gilbert Durand, que nous ne connaissons que par ses livres et sa réputation d'honnête homme. Pour ne pas d'entrée asphyxier par trop de théorie, les intentions de ce Manifeste étant désormais clairement affichées, nous plaçons après notre conclusion des aperçus de la tradition hermésiene et les critiques qu'elle porte à propos de divers -ismes comme le rationalisme, l'objectivisme, le positivisme, et l'historicisme.
Essayons maintenant de repenser le monde contemporain sous l'éclairage de cette mythologie.
Il était nécessaire de donner les points forts de la Tradition telle que nous la donne Gilbert Durand pour qu'ils soient connus et touchent nos consciences désabusées par le mythe progressiste; peut-être également utile pour lever le soupçon de connivence avec des esprits tentés par l'occultisme, ou bien pire par des intentions totalitaires.
Cela entendu, qu'avons nous à faire? Pour qui ne craint pas une lecture limpide mais quand même philosophique, bien sûr lire le livre de Gilbert Durand pour ceux-là qui ont compris qu'il n'y a pas de sortie possible avec des réformes ponctuelles mais par la conversion radicale des imaginaires.
Etre conséquent c'est déserter ou subvertir toute manifestation médiatique qui serait contraire à l'éthique hermésienne et, sans chercher plus loin, déserter les partis nucléopathes, les médias publiphiles, le seul réel '''rationnel'' des ''Professeurs Nimbus'' <<...la bande au Professeur Nimbus est arrivée qui s'est mis à frapper les cieux d'alignement, chasser les dieux du firmament >> (Brassens) - Cornes d'auroch!
Il suffit de passer le pont...
OUI! Et c'est tout de suite l'aventure. Le bonheur. N'oublions quand même pas que si nous sommes des enfants d'Hermès, nous sommes autant des homo-sapiens ordinaires. C'est l'attribut d'Hermès de lier le proche et le lointain, le but et les moyens, les combats existentiels de chaque jour et la soutenance d'une perspective prometteuse. Les inégalités sociales, les ségrégations sexistes et/ou ethniques sont gravées dans le marbre des lois, sont le fruit des traditions bourgeoises, religieuses, chauvines, archaïques. L'abolition du capitalisme et l'avènement d'une société conviviale seront toujours des leurres tant que ne sera pas abolie la propriété héréditaire - la propriété c'est le vol (Proudhon) - Le refus de la mort, le besoin d'éternité se concrétisent par l'héritage matériel, imaginairement bien sûr, mais en est-il jamais autrement. Alors les enfants des rois deviennent à leur tour rois, les enfants de riches naissent riches. Le pouvoir féodal, réapparait ici ou là avec la transmission des biens. Nous sommes enfants d'Hermès. Nous ne pensons pas que l'Homme-individu puisse être différent de ce qu' il a toujours été. Nous croyons que l'Homme-social, c'est à dire solidaire d'une collectivité, sera orienté différemment dans une civilisation différente. Il est bien que le citoyen ait la jouissance des biens qu'il aura acquis le long de sa vie par son travail ou ses compétences. Quand il nous quitte ses biens reviennent à la communauté des vivants.
Pouvoir se parler pour communiquer
Pas de paix, d'échanges culturels ou commerciaux fraternels tant que les peuples seront séparés par la barrière des langues. Par peuples nous entendons bien tous les gens qui les composent, pas seulement ceux qui sont en capacité d'agir; si c'était le cas nous retournerions à la case compétition des raisons d'Etats, des possédants, des facteurs de division.
"Qui dénomine domine" (Machiavel) La puissance économique mondiale actuelle (USA) asseoit son hégémonie par le biais de la langue. Les dominants, les ''élites'' de tous les pays flairent l'argent, le pouvoir là où il est à prendre. Pour cela ils exigent que les peuples se soumettent et renoncent à leurs identités, à leurs cultures, à leurs langues. Rien n'arrête la barbarie. Le bien le plus précieux est celui de la langue maternelle. "Le patois de chez nous est très doux et mon oreille aime à l'entendre mais mon coeur le trouve plus doux et plus tendre" chante le poète anarchiste Gaston Couté. C'est bien cette langue maternelle que l'on veut voir disparaître pour qu'advienne le règne sans partage des seuls parlers mercantiles et hégémoniques. C'est bien l'espéranto qu'on refuse pour que les ''élites'' puissent parler à la place des citoyens du monde.
Nous sommes enfants d'Hermès. Un attribut d'Hermès est celui des carrefours, des rencontres. Il est bien que les langues humaines soient parlées à travers les quelques 6000 encore existantes. Il est bien aussi que les habitants de la planète puissent communiquer entre eux. Deux exigences que la connaissance de l'Espéranto est à même de satisfaire. L'espéranto n'est pas une langue artificielle mais une langue construite à la fin du XIXème siècle par un polonais - Louis Lazare Zamenhof - pour la communication et la paix. Cette langue neutre n'appartient à personne et appartient à tout le monde Elle est à la fois simple et riche, sa grammaire est logique, elle s'apprend cinq à dix fois plus vite que l'anglais. Qu'est-ce qu'on attend? Préservons les langues maternelles et exigeons l'initiation de l'espéranto dès la maternelle.
Décroitre et sortir l'économie de la tutelle des banques
Tous les partis, accrochés aux prébendes du pouvoir, veulent la ''Croissance''. Déjà le Club de Rome s'alarmait de l'impasse d'une croissance exponentielle et appelait à une croissance zéro. Les choses s'accélèrent. Crises économiques, écologiques, démographiques nous pressent à changer de cap. On ne peut plus se suffire d'une croissance zéro, c'est désormais d'une véritable Décroissance dont il faut parler. Un parti avec son journal "la Décroissance" a vu le jour. Bon vent au seul mouvement économiste/écologiste qui soit raisonnable, rationnel. Par son exigence de vie plus simple et frugale il devrait aller de concert avec la civilisation proposée ici. Ce n'est pas encore le cas. Trop d'attaches culturelles rattachent ses militants au Vieux monde. Combien faudra-t' il encore de temps pour qu'ils franchissent le pont ?
Dans la préface de son livre, Marie-Louise Duboin en se référant à l' "Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens" (Attac) qui milite pour la taxe Tobin écrit "Pourquoi coller une rustine pour empêcher de couler un navire qui fait eau de toute part pendant qu'une brèche provisoirement colmatée, une dizaine d'autres s'ouvre alors ?" Ce Manifeste pour une Nouvelle civilisation ne dit pas autre chose en se plaçant sur une échelle globale.
Le livre de Marie-Louise Duboin "Mais où va l'argent ?" traite de la mise en tutelle de l'économie par des intérets privés à l'aide des Banques. Voici ce que dit Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques en 1988 de ce système bancaire "Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents". Le mécanisme de détournement par les banquiers (banksters) de la richesse produite par les hommes est un des plus gros scandale que nous subissons sans que les partis réformateurs/radicaux n'en disent mot dans leur programme électoral. Dont acte.
CONCLUSION - Est-il bien nécessaire, urgent, de penser à une autre fondation au vu de la situation écologique calamiteuse ? Trop d'activistes pensent que seuls comptent les actes, et basta la réflexion ; pas le temps pour penser à autre chose que de critiquer et de s'opposer. Comme ça, sans toucher aux raisons profondes, fondamentales, responsables du destin désespéré qui est fait à l'homme et à la planète ils croient pouvoir bouger les choses. La contradiction n'est-elle pas assez énorme ? Avec eux, politiques, experts en tous genres sont là pour nous dire ce qu'il faut faire car pour eux il n'y a jamais que des orientations et des questions techniques. Ils nous sermonnent: Penser une refondation c'est pas sérieux! On doit vivre, contester, lutter mais uniquement en suivant les idéologèmes communément admis, causes pourtant de l'état actuel du monde.
Le Temps de la Tradition n'est pas le Temps technologique de la domestication de la nature par l'homme. Il n'est pas le temps linéaire allant d'un passé misérable vers des temps plus prometteurs. Il est le temps intemporel des hommes, celui d'Hildegarde de Bingen "O homme, regarde-toi, tu as en toi, le Ciel et la Terre." ; celui de Georges Brassens, figure emblèmatique de l'esprit d'Hermès dont même les pires canailles ne peuvent pas vraiment se détourner. Donner un sens pour l'homme de la Tradition est se spiritualiser, c'est le dynamisme qui porte l'être immature, immergé dans les objets, les pulsions, à devenir homme. Ce n'est plus ici la place gagnante dans la société qui importe, les biens matériels à posséder, la considération des médiocres à conquérir, mais la plénitude dans l'amour partagé, individuel et collectif, la sensibilité à la poésie qui émane du profond de l'imaginaire, c'est la reconduite de l'homme dans sa véritable demeure qu'est l'Esprit, la croyance en l'Homme, à sa divinité, à sa transcendance. Plénitude dans l'oubli des lobbies cléricaux qu'ils soient religieux ou athées. Lutter, dénoncer les infamies, ne pas faire avec...c'est bien ! Mais aussi se refuser à toute entreprise de réhabilitation de la civilisation actuelle et savoir que toute action ponctuelle non-alimentée par le but d'une refondation est illusoire, est contre- productive, est d'essence conservatrice et réactionnaire. N'oublions pas que nous savons ce que nous voulons et qui est annoncé explicitement au début de ce Manifeste :
Nous voulons un changement radical de civilisation
Bribes rapides sur la Tradition et philosophies contemporaines
La Tradition infirme les prétentieuses et inhumaines raisons de nos sociétés tant capitaliste que marxiste. Elle seule est en capacité d'influer sur les imaginaires et avancer vers une civilisation digne de l'homme.
La sécularisation de l'église et à partir du XIIIème siècle et la scolastique se concrétiseront par le <<Je pense donc je suis>> de Descartes et sa sentence <<Homme maître et possesseur de la nature>>, la séparation des choses et des corps avec l'esprit est consommée. Ne regarde l'homme social que l'économie liée à l'objet et plus tard à la machine toute puissante, l'esprit étant affaire privée .
Cette tradition hermésienne qui s'origine avec l'apparition de <<sapiens>> et ses dieux est intemporelle, elle ressurgit comme un reproche quand l'homme oublie ses limites, Thôt en Egypte, Hermès en Grèce, Mercure à Rome, Paracelse à la Renaissance, les Illuministes et Goethe au XVIIIèmesiècle, aujourd'hui l'écologie mais toujours sans fondements idéologiques conséquents.
Il était nécessaire à Gilbert Durand d' expliciter cette Tradition pour qu'elle soit reçue par nos modernes entendements. Fondamentalement la Tradition hermésienne pose la non-séparabilité ontologique du monde, son unicité. Le Moi individuel ne peut être distingué d'un Non-Moi.Cette exigence systématique va orienter l'esprit vers un tout autre imaginaire que celui d'un destin lié à la satisfaction orgueilleuse de la personne. La physique quantique retrouve cette non-séparabilité dans ses expériences. Dans le ''Grand Oeuvre'' l'alchimiste était conjointement l'opérateur et l'opéré, lui-même solidaire de la transmutation de la matière. La Tradition serait-elle prémonitoire?
- La Raison qui vise les choses et ignore l'homme n'est qu'une pseudo-raison, une raison mutilée. Le mythe du Progrès avec sa rationalité réduite n'a pas de frein, il ignore les bornes que l'homo-sapiens doit se donner. La science <<objective>>, ne se souciant pas de l'humain, contribue au <<grand mythe de l'indifférence et de la séparation de l'homme et du cosmos>>. L' historicisme veut voir dans l'histoire une chaîne linéaire, causale. La Tradition y découvre des époques qui réfèrent à des imaginaires différents. Les sciences humaines se servent parfois du ''facteur dominant'': social, linguistique, psychologique...pour rationaliser. C'est la méthode réductionniste. La Tradition ne connaît que l'unité de l'homme.
Selon Gilbert Durand, les sciences humaines ont cinquante ans de retard épistémologi- que et sa pédagogie un siècle sur les sciences exactes. Les sciences humaines ont pourtant bénéficié de penseurs considérables. Gaston Bachelard auteur du ''Nouvel esprit scientifique'' s'intéresse à la psychanalyse des rêves et à l'imaginaire et avalise là un réel aussi objectif que celui rencontré dans l'étude des choses. En bon disciple de Gaston Bachelard le ''Nouvel esprit anthropologique'' de Gilbert Durand sera aussi celui du NON, c'est à dire la rupture avec la défiguration de l'homme. Après l'homo érectus, l'homo faber, l'homo sapiens, l'homo sapiens-sapiens, pour Gilbert Durand l'homme se définit d'abord comme homo-symbolicus , porteur du mythe, du symbole, de l'imagination créatrice et du sens à donner au monde.
La Tradition hermésienne et la pensée contemporaine
L'alchimiste, astrologue et médecin suisse Paracelse (1493-1541), esprit rebelle et mystique, pour Gilbert Durand emblèmatique de la Tradition, est à l'origine de pensées très modernes comme la médecine du travail ou l'homéopathie. En une véritable philosophie du NON avant la lettre, il s'oppose à la médecine galènique des anciens. Paracelse suit les quatre postulats de la Tradition: qualitativité, transubjectivité, gnosticisme, logique trivalente.
- Ernst Cassirer (1874-1945) philosophe l'allemand, naturalisé suédois, représentant d'une variété de néo-kantisme. L'homme est un <<animal symbolique >>. Il ne cesse de produire du sens.
- Pitirim Sorokin (1889-1968) est un sociologue américain issu de l'immigration russe. Le Principe de récurrence chez Sorokin signifie que la ''similitude'' n'est pas un cycle soumis, comme chez Spengler à un ordre qui transcende l'évènement mais que cette récurrence (feed-back) est provoquée par la saturation paroxystique interne du processus.C'est l'excès qui provoque le changement.
-Carl Gustav Jung (1875-1961) découvre le caractère "numineux", "réel" qu'il nommera ARCHETYPE qui n'est pas mystique mais au contraire: une <<matière>> psychique ( une matière façonnable, une ultime matière).
Il a introduit la notion d'inconscient collectif (par opposition à l'inconscient individuel d'un sujet), dont l'archétype est le facteur dynamisant qui relie (avec des schémas archaïques) le monde intérieur d'un individu au monde extérieur.
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Similitude et ses 4 postulats: non-métricité qui porte sur les qualités / non-causalisme objectif qui procède par homologie / non-agnosticisme qui n'est pas savoir <<désintéressé>> d'un objet, mais une initiation à un pouvoir, une vertu / non-dualisme qui implique la substance d'une harmonie, d'un principe.
Homologie - Concept heuristique dû à Goethe. Mot en relation étroite avec le concept de similitude, un rapport de qualités, par extraction de l'archée (ou arcanum) commun. A ne pas confondre avec l' "analogie". L'homologie de A' et de A'' ou de B' et de B'' implique qu'une <<essence>> (archée, quintessence), commune à A est donnée en A' et A'', B en B' et B''.
L'analogie est une équivalence des fonctions qui pose une relation entre 2 rapports formels, généralement fonctionnels: A est à B ce que C est à D.
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Manifeste présenté lors de la manifestation
contre l'exploitation de gaz de schiste
les 26, 27 et 28 août 2011à Lézan -Cévennes
Les auteurs - Courriel: bifurc@wanadoo.fr
Blog: www.bifurc.fr
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Gilbert Durand, né en 1921, est un universitaire français connu pour ses travaux sur l'imaginaire et la mythologie. Agrégé de philosophie, professeur titulaire et professeur émérite de sociologie et d'anthropologie à Grenoble II, Gilbert Durand a été le directeur du Centre de recherche sur l'imaginaire ainsi que membre du Cercle Eranos et ancien résistant du Vercors.
- En 2000, Gilbert Durand a reçu le titre de Juste parmi les nations, dédié par Yad Vashem. Raymond Aubrac lui remet, à Chambéry la cravate de Commandeur de la Légion d'honneur pour ses actions dans la Résistance.
Dès 1960, Gilbert Durand, avec << Les structures anthropologiques de l'imaginaire >> a fait oeuvre de pionnier en donnant, d'une manière rigoureuse, une grille d'analyse et des catégories opératoires pour la compréhension de l'ambiance "imaginale qui est en train de gagner l'ensemble de la vie sociale". Après les sciences littéraire et la révolution esthétique son influence s'est étendue aux Sciences Sociales. Disciple de Gaston Bachelard, d'Henry Corbin et de Carl Gustav Jung, Gilbert Durand a acquis une renommée mondiale avec son livre <<Les structures anthropologiques de l'imaginaire>> . Son Centre de recherche sur l'Imaginaire et Créativité (CRIC) est aujourd'hui le noyau d'un réseau international de plus d'une soixantaine de laboratoires.
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